Au jour le jour, l’amour: l’absence

L’amour au jour le jour, c’est doux, c’est bon. Ça fond comme un bonbon sur la langue. Nul doute, plusieurs friandises deviennent meilleures lorsqu’elles sont partagées. Pensez au fameux milkshake garni d’une cerise et de deux pailles. Sans oublier la glace à deux boules. Les museaux sucrés, ça vient en paire. Dès qu’il est possible de le faire, je veux échanger mes becs aux grains de sucre avec mon partenaire de sortie. 

 

Malheureusement, la vie fait en sorte qu’il m’arrive de me retrouver seule comme une épave devant mon bol de crème glacée fondue. Un restant d’arachides flotte à la surface et je ne vais secourir aucun d’entre eux. Mon amour me manque. Détrompez-vous, j’adore les sorties entre amis. Or, je ne suis pas de celles qui ont besoin d’espace. Je ne comprends pas ce besoin. Mon besoin, c’est lui. Lui et ses longs bras réconfortants qui m’entourent. Lui et ses yeux bleus doux, mais perçants à la fois. Bref, lui qui respire le même air que moi.

Je ne suis pas non plus dépendante affective. Lui dirait dépendante affectueuse. ALERTE CUTE! Comprenez-vous mieux maintenant pourquoi je ne peux m’en passer? J’ai un groupe d’ami(e)s avec lequel je fais beaucoup, beaucoup de soirées. Nous sommes un peu comme une petite famille. Bien entendu, mon amoureux en fait partie, mais il ne peut pas toujours se libérer ayant de grandes responsabilités au travail tôt le matin en semaine. Je joue donc bien souvent le rôle de l’amie en couple qui se retrouve dans une veillée entourée de ses ami(e)s célibataires. Rien de mieux pour vous faire constater le manque.

D’une part, je ne peux pas leur expliquer que mon faciès ennuyé ne découle pas de leur compagnie, mais bien de l’absence de celui qui est resté à la maison, car elles ne comprendraient pas puisqu’elles ne peuvent s’y identifier dans le moment présent. D’autre part, je ne peux en faire part à mon copain, car il me dirait simplement «reste à la maison alors» et je devrais admettre qu’il a tout à fait raison, ce avec quoi j’ai encore beaucoup de difficulté. ALERTE ORGUEIL! Mon sentiment vis-à-vis ses sorties sans copain me fait donc vivre l’expérience de la duplicité. D’un côté, je veux m’amuser avec mes ami(e)s. De l’autre, je veux rester avec mon amour. Assise sur la banquette du bar, je suis déchirée.

Je me rappelle cette fois où je suis sortie avec l’un de mes amis en couple. Pour cette soirée, nous étions tous les deux sans nos douces moitiés. Je me souviens avoir échangé un regard avec lui. Vous savez ce genre de rencontre des pupilles qui veut tout dire. Nous partagions à cet instant précis le même sentiment. Celui d’avoir commis une erreur. Celle de ne pas être restés près de notre amour. Nous avons par la suite eu une conversation dans laquelle il m’expliquait qu’il ressentait exactement la même chose que moi dans ce genre de veillée. Bien rapidement, je ne me sentais plus seule. Merci Youri de m’avoir confirmé que je suis seulement une amoureuse encore en amour.

Oui, la bière entre copains et copines est bonne, mais le lit chaud, collé sur mon bien-aimé, l’est tout autant, même plus. Oui, le spectacle d’humour de mon ami est super hilarant et divertissant, mais la série This Is Us qui nous fait verser des larmes en couple me satisfait autant, même plus. Oui, le souper au restaurant avec la meilleure de ma gang est succulent et rempli de fous rires, mais le repas préparé avec amour de mon copain sur la musique de Tom Waits me comble autant, même plus. Mesdames et messieurs, la duplicité à son meilleur.

 

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Peut-être que certains pensent que je me prive. Par exemple, il n’est pas question que je découche. Mes soirées en pyjama entre filles se finissent toujours par un taxi et une longue accolade avec l’homme de ma vie. Oui, je m’empêcherais de partir en roadtrip avec mes ami(e)s si mon amour ne pouvait pas nous accompagner. C’est que je sais pertinemment que mon plaisir ne pourrait combler mon manque. Détrompez-vous, ce n’est jamais lui qui me demanderait de rester. Il respecte mes choix, mes envies. C’est simplement que tout goûte tellement meilleur quand il partage mon espace-temps. La vie est si bonne quand je sais son regard sur moi. La vie est si bonne quand je n’ai qu’à tendre les bras pour quémander une caresse.

Je suis un être à part entière. En revanche, une bonne partie de moi réside en lui. Et ça ne fait pas de moi une dépendante affectueuse comme il dirait. Ça fait de moi une amoureuse heureuse et choyée de l’être.

 

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