Au jour le jour, l’amour: l’orgueil

L’amour au jour le jour, c’est doux, c’est bon. Ça fond comme un bonbon sur la langue. Avouez-le, personne n’aime vraiment les casse-gueules. Il est vrai qu’on peut tout simplement les laisser fondre patiemment, très patiemment. Or, la plupart du temps, il finit toujours par se retrouver dans notre gosier et la pilule ne passe pas. On s’étouffe. D’une part, on fait tout pour ne pas l’avaler. D’autre part, on n’arrive pas non plus à le recracher. Il est pris dans notre gorge. On s’étouffe.

Un phénomène semblable opère dans ma relation amoureuse, celui de l’exposition de mon orgueil. Je le mentionne dès maintenant, c’est moi le problème. J’ai un orgueil aussi long que la taille de mon chum. 6 pi 6 d’orgueil c’est long longtemps. Détrompez-vous, j’aime mon partenaire plus que moi-même, mais mon amour-propre s’accompagne d’une certaine dignité et surtout d’une incapacité à avouer mes erreurs et mes torts.

Évidemment, une telle attitude occasionne des disputes dans lesquelles je tire la couverture de mon bord à grande énergie. Il me faut toujours le plus gros bout du bâton. D’ailleurs, je suis un as dans l’art oratoire catégorie argumentation. Je passe par mille chemins pour faire le trajet du point A au point B. Je répète beaucoup. Je coupe la parole. J’analyse à voix haute tous les mots qui sortent de la bouche de mon chum. Bref, je suis assez exécrable quand vient le moment de discuter de mes fautes.

Heureusement, mon partenaire est totalement l’inverse. Merci la vie pour l’union de ce yin et de ce yang! Je n’arrive même pas à imaginer le résultat deux individus aussi bornés que moi en couple. Problème sans solution. Cul-de-sac sans possibilité de u-turn. Feu impossible d’éteindre avec de l’eau. Mon chum est définitivement l’un des êtres les plus patients que je connaisse. Dans de telles situations, il demeure calme et tente de garder un ton modéré. En somme, il désire vraiment établir une conversation. Et savez-vous quoi? La plupart du temps, ça me met encore plus en rogne.

 

C’est que je ne parviens pas moi-même à faire cela et être comme cela. Dans les circonstances, je suis impulsive et susceptible. Je me sens un peu comme l’animal en cage, traqué et pointé d’une pique afin de calmer l’excès de rage. Le pire dans tout ça, c’est que la majorité du temps, il a raison. Ma fierté fait juste prendre le dessus. Et ce n’est pas parce que je me sens supérieure à lui. Au contraire. C’est juste parce que je veux qu’il m’aime. Rien ne me fait plus de peine que de le décevoir.

Bon, je sais, c’est contradictoire. En argumentant avec lui, en criant sur lui, je dois très probablement lui faire encore plus de peine. En plus, je sais foncièrement qu’il m’aime. La preuve c’est qu’on finit par passer par-dessus chacune de mes crises d’orgueil. D’une part, parce qu’il est impeccable dans son rôle. D’autre part, parce que je finis par prendre sur moi. Il me faut juste beaucoup de temps et d’espace. Finalement, je suis un peu comme un enfant. Je m’obstine pour avoir raison pendant un moment. Je vais bouder dans un coin. Puis, je reviens à la source, le visage un peu piteux et les excuses mouillées de larmes honteuses. Avouez que c’est un peu cute tout de même.

 

J’ai fait beaucoup de chemin tout de même. Aujourd’hui, je suis en mesure de reconnaître que je suis comme ça et c’est déjà beaucoup en mon sens. Si j’en suis là, c’est grâce à lui. Oui, ça fait mal se faire dire nos quatre vérités, surtout quand on détient un orgueil géant comme le mien. Or, quand ça vient de la personne qui t’aime et t’estime le plus sur la terre, ça vaut la peine de faire des efforts vous ne pensez pas?

 

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