Entre le sommeil et la santé mentale

Que l’on se le dise, garder un équilibre entre le travail, les études, la vie amoureuse, la vie sociale, le café et l’alcool relève du miracle. Et on a tendance à l’oublier.

J’étudie en droit, un des programmes universitaires les plus contingentés et compétitifs. La cote Z est mon amoureuse et je me dois de continuellement peaufiner notre relation afin d’éviter qu’elle me largue et passe au prochain. Je vise aussi une carrière au sommet des tours de Montréal, ce qui signifie que j’ai pour amant mon curriculum vitae. Implications, projets et comités doivent orner mes deux pages de CV sous peine de voir ma candidature tomber dans les oubliettes. Et une fois les bonnes notes obtenues et les implications réalisées, je peux commencer à penser à moi. Ou à nous.

 

Parce que ce n’est pas tout. J’ai beau étudier à l’université, j’essaie tant bien que mal de gérer mon couple et mes amis. J’essaie de préserver la magie qui nous habite, j’essaie de continuer de tisser des liens avec ceux qui me permettent de rester sain d’esprit (ou du moins, entre la démence et la normalité), car cet équilibre est nécessaire. On ne peut survivre à des journées de bouquins, des litres de café et trop peu d’heures de sommeil sans avoir une vie sociale et, malheureusement, c’est ce qui arrive souvent. La pyramide de Maslow prend le bord et on retrouve en priorité le besoin d’exceller dans nos études.

Suis-je en train de me plaindre? Absolument. Notre système scolaire est basé sur l’excellence, sur le bourrage de crâne et sur le recrachage de matière. Apprends, recrache, oublie. On tend à former des machines plutôt que des futurs humains mentalement stables. Pour reprendre les écrits de Frédérique St-Jean, on maximise le stress, et non l’apprentissage. Cherchons-nous à être de futurs travailleurs qui sont humains ou de futurs humains qui sont travailleurs? La nuance est énorme et j’ai encore de la difficulté à me fixer sur quel côté la société d’aujourd’hui a décidé de se placer. Combien d’entre nous s’imposeront une énorme pression au courant des prochaines semaines afin de performer? Combien d’entre nous oublieront de satisfaire nos besoins primaires afin d’exceller? Combien d’entre nous mettront en veilleuse les autres sphères de notre vie afin d’obtenir des résultats à la hauteur des attentes des employeurs? Beaucoup trop.

 

Vous savez, je suis un cordonnier mal chaussé. Je vous écris en sachant très bien que, ce soir, je ne dormirai pas avant 2h du matin et que demain, tasse de café à la main, je serai debout à 7h00 afin de recommencer le tout. Nous, étudiants, devons trouver le juste équilibre entre la vie sociale, la vie amoureuse, l’entraînement (pour ceux qui se le permettent), les études, le travail et toute autre sphère qui fait de nous des humains et des citoyens. Trouvez votre équilibre, car si vous laissez la vie s’en charger, il y a de bonnes chances que la balance penche abusivement d’un côté.

 

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