Personnages masculins et féministes: mythe ou réalité?

Le féminisme a la cote ces temps-ci. Une nouvelle génération de femmes – et une nouvelle génération tout court – prend conscience de la place des femmes et de ses représentations dans la société. Un combat qui est mené depuis que la femme est femme, force est de constater que même si plusieurs acquis ont été faits, rien n’a été absolument gagné.

J’avais le mandat de trouver des personnages masculins et féministes à la télé et au cinéma. J’ai accepté de relever le défi assez rapidement, sans prendre le temps de réfléchir. C’est quand j’ai commencé à réfléchir sur le sujet que j’ai réalisé que… je n’étais même pas capable d’en nommer un. J’étais capable de nommer plein de personnages féminins et féministes, plein d’acteurs et d’actrices qui le sont, idem pour les auteurs et réalisateurs, mais pour un personnage masculin et féministe, rien ne me venait en tête. Déjà, j’appréciais le sujet de ma réflexion.

 

 

J’ai fait appel à mon réseau Facebook:

«C’est donc ben difficile comme question.»

«Des personnages masculins et misogynes on pourrait en citer à la tonne.»

J’ai eu des réponses allant de non pertinentes à pas-pantoute-pertinentes, mais j’ai eu quelques noms de personnages qui ont mérité que je m’y attarde. N’ayant pas Netflix, le 3/4 des réponses reçues m’étaient totalement inconnues. Toutefois, il fallait mettre en contexte chaque personnage parce que certains avaient des traits féministes sans que ceux-ci soient la «principale caractéristique» du personnage. Voilà, en rafale, les réponses récoltées.

 

Peter Parker

Alors que Spiderman s’occupe à sauver les demoiselles en détresse, Peter Parker se fait l’allié de Mary-Jane en l’incitant à poursuivre son rêve de devenir actrice plutôt que de subir un boulot de serveuse qui ne la valorise pas.

 

Sherlock Holmes

Si dans la littérature, Sherlock est reconnu pour sa misogynie, dans les films réalisés par Guy Ritchie, on n’assiste pas souvent (pour ainsi dire jamais) aux manifestations de ce trait caractéristique. Irene Adler est mise à son niveau et il va même jusqu’à l’admirer dans l’exercice de ses fonctions – en plus d’éprouver de l’affection pour elle.

 

Tyrion Lannister

Game of Thrones pourrait être qualifiée de série féministe. On y met de l’avant des personnages féminins très forts et puissants. Même si on ne peut pas affirmer que les hommes et les femmes sont égaux dans l’histoire, aucun des personnages n’est tout blanc ou tout noir. Tyrion Lannister, vulgaire, lubrique et alcoolique, n’en fait pas exception. Plus on avance dans les saisons, plus on assiste à un personnage plus posé et réfléchi, voire empathique.

 

Les gars de Sense8

Ici, ce qui est particulier, c’est la relation qui unie les personnages qui sont tous dépendants les uns des autres. Ainsi les forces de chacun sont mises au profit des autres: hommes ou femmes. Pourrait-on dire qu’il s’agisse d’une série équitable? En tout cas, la série a remporté le GLADD Media Awards de la meilleure série dramatique pour la représentation de ses personnages et des questions LGBT.

On m’a également parlé des séries Parks and Recreation, Master of None, Mindy Project et The Expanse comme étant des séries mettant en relief des personnages masculins et féministes.

Quoi qu’il en soit, aucun des personnages trouvés n’était d’une évidence même.

Ça m’a permis de me rendre compte de quelque chose plus que jamais: le concept de féminisme est variable. La perception du mot n’est pas la même pour tout le monde et la perception d’une personne qui l’est n’est pas la même non plus. Dans tous les cas, le mot demeure péjoratif. Ne repensons qu’à la ministre responsable de la condition féminine qui refusait de s’identifier comme féministe…

 

Brûler les sorcières ou brûler les brassières?

Le féminisme est-il perçu comme intense? Trop de gens pensent qu’être féministe c’est vouloir rendre la femme supérieure aux hommes. Les femmes élèvent la voix, s’unissent, sont vulgaires, ne se rasent plus le poil des jambes. Des femmes qui ont de l’argumentaire et qui sont bruyantes, ça fait peur. Du moins, ça brusque.

Pour ma part, si j’avais à définir le féminisme, je dirais que c’est tout d’abord une lutte contre les oppressions et les injustices. Oui, il y en a encore. Ce n’est pas parce que ça semble de moins en moins visible au Québec que ça n’existe plus (ici et ailleurs). Les traditions, les manières de penser, ça prend du temps à changer. C’est aussi de prendre conscience de ses privilèges et de prendre des décisions et de porter des réflexions qui n’avantagent pas plus un sexe que l’autre.

Pour certains, le féminisme n’est plus d’actualité. Ils pensent que l’égalité est atteinte et n’a plus raison d’être. Après tout, les femmes ont le droit de vote (ça va de soi), elles peuvent exercer le métier de leur choix, etc. Pour certains, les hommes ne peuvent pas être féministes du simple fait qu’ils sont des hommes et ne peuvent pas saisir la portée de ce que ça représente.

Et vous, quelle est votre perception du féminisme? Croyez-vous que le concept soit mieux représentable par un homme dans un médium plus qu’un autre?

 

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Melissa Bouchard De Kamouraska à Québec en passant par Montréal... Maître des Arts de la scène, amoureuse, passionnée des mots, de la culture, du vent du fleuve, du café et de mon chat.