Tu ne sais rien Jon Snow

Tu ne sais rien. Tu le sais pas, mais j’ai rushé, pis je rush encore. On se connaît pas tant. On diffère sur un méchant temps. Je revois le scénario dans ma tête. Une connexion, une chimie, appelle ça comme tu veux, mais c’était là. Tu ne peux pas le nier. Par nos regards, tout le monde avait deviné. Et on a joué… et on l’a joué à deux.

Ça a duré quoi? 3 semaines? C’est pas la quantité qui compte, tsé. Tu pensais quoi? Que ça m’arrivait souvent? Avec d’autres? Que tu étais une distraction et que je retournerais dans ma routine? Ni vu ni connu. Next, jetable après usage. Un Bic.

J’t’annonce que tu te trompes royalement! Penses-tu vraiment que j’aime me compliquer la vie? Ne plus manger, ne plus dormir et ne travailler qu’à moitié? Tu ne sais rien. C’est parce que c’était toi.  Je me suis attachée, amourachée, entichée de TOI! Les papillons, l’anticipation, les petits rires nerveux, le brillant dans les yeux… La totale!

Tu ne savais rien. Et est arrivée la dernière fois. Je te sentais si là et si loin à la fois. Des adieux cousus de non-dits et de sous-entendus. S’en est suivi un long baiser dehors saupoudré de peaux de lièvre. Arrivée à la maison, un dernier message de bonne nuit de ta part. C’était la première fois que tu ajoutais deux X à la fin. Ce fut la dernière aussi. Tout ça ne se reproduirait plus jamais et ÇA, tu le savais.

9 janvier. Retour à la réalité. Retourner ta clé… et s’effondrer en larmes. Tu n’es plus là. Tu es parti. C’EST FINI. Silence radio.

Le sais-tu comment on se sent quand le «pis-toute-pis-toute» se transforme en simples pouces en l’air une fois de temps en temps pour une photo de chat ou pour un statut insignifiant? Ben non, tu ne le sais pas.

Le sais-tu comment on se sent quand le «pis-toute-pis-toute» se concentre maintenant sur elle? Elle qui est là depuis longtemps, depuis tout le temps.

Celle qui reflète la jeunesse, la perfection, l’inatteignable. Ben non, ça non plus tu ne le sais pas.

Fait que depuis que tu es parti, je rush. Et j’ai rushé solide! Pas manger, pas dormir, pas le goût de rien, et surtout, pas de nouvelles…Se sentir comme un déchet, comme d’la marde. Comme un pari, un défi, une vantardise, une distraction en attendant mieux. En l’attendant, elle. Un passe-temps, jetable après usage. Un Bic.

Des semaines à analyser les messages, les mots, la ponctuation, les émojis et les silences. À s’énerver le poil des jambes pour un like. Ne pas comprendre comment tu fais pour retourner sur les lieux du crime à toutes les semaines et ne pas y penser. Moi j’y repense, à tous les jours. L’arôme du gymnase, effluves de sueur et de caoutchouc, sent dorénavant l’Adidas que tu caches dans ton cou.

Quand j’ose demander des nouvelles, la réponse tarde, c’est pas clair. Un mélange de bullshit et de cachotteries. D’excuses bidons, de fausses raisons.

Jamais le vrai, le «mettage de culottes». Juste du bla bla. Pourquoi? Pour ne pas me faire de mal? Pour te garder une porte de sortie? Parce que tu sais pas comment faire? C’est une première pour toi de gérer tout ça. Il te manque encore quelques printemps. L’expérience vient en vieillissant.

On dirait que ça m’a permis de vivre mon deuil doucement. Une longue agonie au lieu d’une mort subite. Je pourrais écrire une thèse: La survie par le déni ou le confort du mensonge.

Les semaines passent. Je rush moins. Mon rythme cardiaque reprend son beat d’avant, tranquillement. Tu es toujours là, mais je suis capable de te tasser un peu. J’ai des pincements des fois quand je vois passer un commentaire ou un p’tit cœur vert. Parce qu’ils ne sont pas pour moi. Je pourrais juste te flusher de mon réseau. Pas capable. J’ai peur que tu m’oublies.

Jusqu’au soir où, out of nowhere, une bine sur l’épaule. Une poignée de main. Tu m’annonces qu’on va probablement se voir demain. T’as l’air content… si j’analyse la ponctuation. Si tu savais…Quand j’ai vu le message, le cœur m’a lâché. J’avais envie de te répondre: « Ouais, pis? Vas-tu venir me voir où tu vas te sauver comme un lâche comme la dernière fois? » Pas capable …

Donc, nonchalamment je te lance que serai à telle Bat-heure et à telle Bat-chaîne si tu veux me voir. Tu en prends note! Ça fait 3 mois qu’on s’est pas vus. Je ne dors pas. Je me fais des scénarios, chu bonne là-dedans.

Le lendemain matin, tu es là. Enfin. Tu es venu. Mes mains tremblent. Assis côte à côte, on fait du small talk. On se regarde à peine dans les yeux. Faut dire qu’on n’était pas seuls. Et s’il n’y avait eu juste nous deux? Ça, on ne le saura jamais…

Le son de la cloche. On se lève. On ne se regarde même pas. Et tu repars, encore une fois. Et le reste de la journée? J’ai moins rushé, mais j’ai rushé.

Mais tout ça, tu ne le savais pas. Tu ne sais rien. You Know Nothing Jon Snow.

 

 

Collaboration spontanée

 

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