Vivre à l’européenne, le temps d’un échange

Réveillée par les enfants de l’appartement voisin qui ont décidé de chanter haut et fort en ce dimanche matin, je prends un moment pour réfléchir. Je prends une minute, étendue dans mon lit, pour regarder les rayons du soleil qui essayent doucement d’entrer dans ma chambre. J’analyse l’émotion présente que je ressens face à cette nuit un peu écourtée et je réalise que je ne suis pas en colère du tout. En fait, je suis heureuse.

Heureuse d’entendre ces petits enfants chanter en ce dimanche matin. Je sors doucement des mon lit et j’ouvre les volets de mon balcon. Le soleil entre à plein volume dans ma chambre et remplit l’espace d’un coup sec. L’air est bon, l’air est frais, mais le soleil nous réchauffe. Voilà maintenant un mois que j’ai quitté le Québec pour m’installer quelques mois en Europe et c’est sans aucun doute une des meilleures décisions de ma vie.

 

Le temps

J’ai toujours eu le rêve de vivre à l’européenne pour une période de ma vie. Très jeune, j’ai eu la chance de voyager sur ce continent et le rythme de vie qu’entretiennent les Européens me fascinait. Ici, les gens vont au marché tous les jours. Ils choisissent ce dont ils ont besoin pour la journée et ça suffit. L’accumulation alimentaire n’existe pas et le temps est utilisé à son plein potentiel. Ce que je veux dire, c’est que les gens sont toujours à l’extérieur, avec des amis, à la plage ou au bistro. Leur journée ne se termine pas après le travail. J’ai l’impression, en vivant ici, que le temps est futile. On peut manger une collation à 16h sans «avoir peur» de ne plus avoir faim pour le souper. On ne fait que manger plus tard le repas si on n’a pas faim à 18h. Les projets peuvent commencer à 15h30 et il n’existe aucun stress routinier qui nous empêche de faire ce qu’on a vraiment envie. C’est une des raisons pourquoi j’aime autant être ici. En un mois, j’ai pris le temps de faire plein de trucs que je mettais de côté chez moi, car je n’avais, soi-disant, pas le temps. Pourtant, le temps ici est le même; il est juste exploité de façon différente.

 

Minimalisme

En choisissant d’étudier dans un pays d’Europe, j’ai aussi été limitée par le nombre de choses que je pouvais transporter dans mes bagages et cela m’a appris à vivre avec moins. J’ai réalisé à quel point j’ai encore énormément de choses à la maison (vêtements, souliers, accessoires, etc.) qui ne me manquent absolument pas, car en fait je ne me souviens même plus de tout ce que je possède. J’apprends à minimiser ma consommation et à acheter uniquement des éléments dont j’ai besoin (ou quelques coups de cœur, car il faut bien se faire plaisir quelques fois). Je vis donc avec 3 jeans, une dizaine de chandails et ça me convient amplement. Oui, parfois j’ai l’impression d’être toujours habillée de la même façon, mais est-ce vraiment un problème si j’ai apporté mes vêtements préférés?

 

Rencontres

Le troisième élément très important qui se passe, lorsqu’on vit à l’étranger, sont les nombreuses rencontres internationales que l’ont fait. Ici, il y a des étudiants de partout dans le monde, qui comme moi, voulaient voir autre chose. Ils ressentaient le besoin d’étudier autrement, de vivre autrement. On réalise aussi à quel point le monde est petit en discutant avec des locaux. Ce n’est pas rare du tout de me faire aborder simplement à cause de mon accent «québécois» facilement reconnaissable malgré mes efforts. Mais, c’est grâce à lui que j’ai appris que ma boulangère du coin a travaillé à Montréal, que l’homme dans le bus a marié une Montréalaise et que ma ville natale est adorée par les locaux. Ça devient un peu comme une petite fierté de représenter mon pays d’origine. En vivant ici, je réalise à quel point le style de vie est merveilleux, mais en discutant avec eux, je réalise que le gazon semble vraiment toujours plus vert ailleurs. Ces rencontres me font donc apprendre sur différents pays en plus de réaliser que mon pays n’est pas si mal non plus.

 

Bien que mon expérience continue pour encore quelques mois, je commence déjà à savoir ce que je veux ajouter à mon style de vie et ce que je ne veux plus. J’apprends à mieux me connaître, à travailler sur moi-même et même à prendre le temps de développer plusieurs projets personnels que je n’avais jamais mis de l’avant. Je crois que cette expérience (peu importe la destination) doit être faite lorsqu’on est encore jeune, car elle apporte une dimension tellement différente à la vie à laquelle nous sommes habitués. Elle ouvre des possibilités qu’on ne croyait peut-être pas possibles ou trop différentes pour être réalisées et ça nous permet de prendre le contrôle de notre vie à 100%.

 

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